LA CHASSE-GALERIE, OU COMMENT ALLER PLUS VITE QUE LE DIABLE

illustration de la chasse-galerie
Illustration du conte la chasse-galerie
source : chasse-galerie.ca

La Chasse-Galerie est le premier conte québécois que j’ai connu. A l’origine de tradition orale, cette histoire canadienne a été mise sur le papier pour la première fois en 1892 par Honoré Beaugrand et c’est ce qui lui a permis de traverser le temps et d’être aussi populaire.

la chasse-galerie illustration
Le Diable conduit les bûcherons à Lavaltrie
source : catherine-ousselin.org

Mais qu’est ce que la chasse-galerie ? C’est, selon la légende, un canot pouvant voler et aller plus vite qu’un cheval. Cependant pour l’avoir, il faut faire un pacte avec le diable…

Durant le XIXe siècle, l’industrie du bois était prospère. Nombreux furent les hommes à partir l’hiver abattre des arbres jusqu’à la fonte des neiges. Ceci impliquait de rudes conditions de vies et tandis que les bûcherons survivaient dans des cabanes rudimentaires sur place, femmes et enfants restaient au village. C’est de quelques un de ces bûcherons dont parle la légende, qui a été rapportée sous de nombreuses variantes même si la trame reste la même. Je prendrais la version d’Honoré Beaugrand pour vous la conter.

LA LEGENDE DE LA CHASSE-GALERIE

L’un des bûcherons, Joe, le cuisinier, raconte ce qui s’est passé dans les bois, lorsqu’il était plus jeune, avec une équipe d’hommes dont Joe.

Les camarades boivent le soir venu et son camarade, Baptiste Durand, le réveille en lui disant qu’il va à Lavaltrie, là ou sont leur foyer et propose à Joe de venir avec lui. Or, il faut au moins deux mois de voyage pour y aller. Baptiste répond qu’ils iront en canot d’écorce pour que demain matin, ils soient de retour sur le chantier.

Joe comprend alors que baptiste fait allusion à la chasse-galerie, ce canot volant filant plus vite que le vent que l’on a en vendant son âme au diable. Étant croyant, celui-ci hésite à accepter l’offre. Mais la tentation de revoir sa blonde pour les fêtes le fait céder et les compagnons sortent dehors appeler le diable, puis font le pacte.

Les conditions pour que le voyage se passe bien sont : ne surtout pas prononcer le nom de Dieu et ne pas toucher la croix du toit d’une église.

Le trajet se passe bien et aux environ de deux heures du matin, après avoir survolé Montréal, l’équipage arrive à Lavaltrie et se pose dans un champ pour faire une arrivée plus discrète et surprendre leurs conjointes de leur visite.

Les hommes rejoignent leur blonde et dansèrent jusqu’à ce qu’il soit l’heure de repartir. Cependant une fois en l’air, les bûcherons s’aperçoivent que Baptiste a bu !

la chasse galerie percute le clocher
Les bûcherons manquent de percuter un clocher
source : fpascals.com

Le canot mené par le conducteur ivre manqua de percuter le crucifix d’un clocher de peu et les hommes voulurent assommer Baptiste avant qu’il ne se mette à sacrer et à prononcer le nom de Dieu à voix haute. Avec la lutte, le canot heurta un gros pin au lieu de se poser à destination et les homes perdirent connaissance.

Ils se réveillèrent le lendemain dans leur lit de camp et des bûcherons expliquèrent qu’ils les avaient retrouvés non loin, sans connaissance. Heureusement, personne ne fut blessé gravement. Mais depuis, les hommes évitèrent de céder au diable.

INFLUENCES

Ce conte a inspiré de nombreux livres et chansons, comme celle de Claude Dubois de 1978. Un film : « Chasse-Galerie : La légende » réalisé par Jean-Philippe Duval a également contribué à populariser ce mythe. Celui-ci est resté très présent dans l’imaginaire populaire.

Et vous, connaissez vous une autre version ?

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